Les maîtres de Descartes à La Flèche ont été frappés
des dons exceptionnels de leur jeune élève en mathématiques. Par la
suite, Descartes n'a pas cessé de souligner la valeur exemplaire de
cette science pour donner à l'esprit le sens de la rigueur et le
goût de l'exactitude. Jusqu'au moment où il rédige le Discours de
la méthode (dont l'un des essais est La Géométrie),
Descartes a pratiqué avec ardeur et bonheur les mathématiques. Sa
correspondance avec les plus grands mathématiciens de ce temps - qui
en compte beaucoup (Fermat, de Beaune, Petit, Hardy, Mydorge,
Roberval, Desargues, plus tard le jeune Pascal) - témoigne de son
incessante activité en cette matière où il occupe, cela va sans
dire, la première place avec Fermat.
L'apport principal de Descartes consiste dans l'application des
méthodes de l'algèbre (réformée par Viète au début du siècle) aux
problèmes traditionnels de la géométrie tels qu'ils ont été
pratiqués sans changement majeur depuis l'antiquité grecque
(Apollonius et Archimède notamment). C'est parce qu'il veut épargner
une inutile fatigue à l'imagination que Descartes invente le moyen
d'exprimer les relations géométriques (entre les droites et les
courbes) en équations algébriques, fondant par là ce que l'on
appellera la géométrie analytique. Pour cela, il utilise le système
des coordonnées rectangulaires qui permettent de rapporter les
différents points d'une courbe à deux axes ayant même origine
(coordonnées dites depuis cartésiennes). Le début de La
Géométrie montre bien en quoi consiste cette nouvelle méthode de
réduction des problèmes géométriques à ceux, plus simples et plus
faciles, de l'algèbre ; après avoir comparé les opérations de
l'arithmétique à celles de la géométrie " touchant les lignes
qu'on cherche ", Descartes ajoute ceci : " Ainsi, voulant
résoudre quelque problème, on doit d'abord le considérer comme déjà
fait, et donner des noms à toutes les lignes qui semblent
nécessaires pour le construire, aussi bien à celles qui sont
inconnues qu'aux autres. Puis, sans considérer aucune différence
entre ces lignes connues et inconnues, on doit parcourir la
difficulté selon l'ordre qui montre, le plus naturellement de tous,
en quelle sorte elles dépendent mutuellement les unes des autres...
". On reconnaît là la méthode des équations algébriques, pour
lesquelles Descartes propose une notation qui sera retenue par la
suite. Il montre ainsi, comme le formule un de ses amis
mathématiciens, " la relation et la convenance mutuelle de
l'arithmétique et de la géométrie ". On peut ainsi prendre appui
sur l'une pour résoudre les problèmes de l'autre, et réciproquement.
Les barrières élevées entre les disciplines tombent, montrant ainsi,
comme Descartes l'avait écrit aux premières lignes de son premier
grand ouvrage, l'unité de l'esprit humain et son identité à travers
les opérations les plus diverses.
L'œuvre scientifique
D'une importance capitale pour son temps, l'œuvre scientifique de
Descartes n'est souvent pas appréciée à sa juste valeur. En optique, il découvrit la loi de la réfraction et ouvrit la voie
à la théorie ondulatoire de la lumière. Systématisant la géométrie analytique, il s'efforça le premier de classer les
courbes d'après le type d'équations qui les produisent, contribuant
par là à la naissance de la théorie des équations. En mathématiques, on
lui doit aussi l'usage qui consiste à utiliser les dernières lettres
de l'alphabet pour désigner des valeurs inconnues et les premières
pour les valeurs connues, ainsi que la notation en exposant pour
exprimer la puissance d'un nombre. La démarche scientifique est au cœur
même de son œuvre philosophique : elle est au
fondement de sa méthode (expérimentation, doute, recherche d'une
certitude), de son programme et de l'idée d'une "mathématique
universelle" (mathesis universalis). Pour Descartes, la
science constitue une des branches de l'arbre de la philosophie
(Principes de la philosophie, préface à l'édition française
de 1647).
En 1635, le philosophe et mathématicien français
René Descartes
publia un texte sur la théorie des équations, avec notamment sa
règle des signes pour le nombre de solutions positives et
négatives d'une équation 255;
Analytique, géométrie, branche de la
géométrie qui représente les
courbes et les figures géométriques par des expressions algébriques
dans un système de coordonnées.
Coordonnées cartésiennes
La position d'un point du plan peut être déterminée par rapport à
deux droites perpendiculaires, appelées axes, en précisant la
distance de ce point par rapport à chacun de ces axes. Sur la
figure 1, le point a est
situé à 1 est
situé à 1 unité de l'axe vertical, ou axe des y, et à
4 unités de l'axe horizontal, ou axe des x. Les
coordonnées du point A sont
donc 1 et 4, ce que l'on note comme suit sont
donc 1 et 4, ce que l'on note comme suit : A (1;4). Cela
signifie que, dans le repère (xOy), O étant le point d'intersection
des deux axes, ou origine du repère, le point A a 1
comme abscisse (x) et 4 comme ordonnée (y). Les
valeurs positives de x correspondent aux points situés à
droite de l'axe des y, et les valeurs négatives correspondent
aux points placés à gauche. De même, les valeurs positives de
y correspondent aux points situés au-dessus de l'axe des
x et les valeurs négatives de y correspondent aux
points placés en dessous. Ainsi, le point B de la
figure de la
figure 1 a pour coordonnées :
x = 5, y = 0. De la même façon,
on peut déterminer la position de points dans l'espace par rapport à
trois droites perpendiculaires (les axes), le troisième axe étant
généralement appelé axe des z

Équations cartésiennes
L'équation cartésienne d'une droite est de la forme
ax + by + c = 0, a, b et c étant des réels. On peut également
déterminer des équations pour les cercles, ellipses et autres coniques, ainsi que pour certaines autres courbes. Les problèmes
classiques étudiés en géométrie analytique sont de deux sortes.
Étant donné une description géométrique d'un ensemble de points, on
peut chercher à déterminer l'équation algébrique satisfaite par ces
points. Dans les exemples ci-dessus, l'ensemble des points situés
sur la droite passant par les points A et B, ou
droite (AB), vérifient l'équation linéaire x + y
= 5. Il s'agit d'une
droite oblique, c'est-à-dire coupant les deux axes. Son équation
peut donc se mettre sous la forme : ax + by = c. Le second type de
problème consiste à décrire le lieu géométrique des points qui
satisfont une relation algébrique. Par exemple, un cercle de
rayon 3, dont le centre est l'origine du repère, est l'ensemble
des points qui satisfont l'équation x2 +
y2
= 9. À partir
d'équations de ce type, il est possible de résoudre algébriquement
des problèmes de géométrie, tels que la construction du milieu d'un
segment ou de la bissectrice d'un angle, la construction de la
perpendiculaire à une droite donnée passant par un point donné, ou
encore le tracé d'un cercle passant par trois points donnés non
alignés.
La géométrie analytique a été un élément important du
développement des mathématiques, car elle a permis d'unifier les
concepts de l'analyse (relations numériques) et de la géométrie
(relations spatiales). L'étude des géométries non euclidiennes et
des géométries dans les espaces à plus de trois dimensions n'aurait
pas été concevable sans une approche analytique. De même, les
techniques de la géométrie analytique, en rendant possible la
représentation graphique de nombres et d'expressions algébriques,
ont apporté de mieux expliquer le calcul infinitésimal, ainsi
que la théorie concernant les fonctions et d'autres problèmes plus
complexes de mathématiques.
Sources
:
Microsoft Encarta