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Galois Évariste
Né sous l'empire à Bourg-la-Reine,
Évariste était
le deuxième enfant de Nicolas-Gabriel Galois et d'Adélaïde-Marie
Demante. Son père, alors maire, qui dirigeait une institution
d'enfants dont la Révolution avait fait la modeste fortune, lui
laissa le modèle d'une philanthropie libérale et voltairienne. Sa
mère le nourrit au grec et au latin dans la pure tradition
chrétienne et légitimiste propre à une famille de magistrats et de
juristes. A 12 ans, boursier au collège royal de Louis-le-Grand, il
connut à la fois l'exaltation de sa génération et sa répression. A
15 ans, las des études littéraires, il découvrit les mathématiques,
cours alors accessoire, et s'y jeta tout entier. Il prit le goût de
la recherche et le dédain de l'exercice scolaire. Aspirant à entrer
à l'École polytechnique, où professait Augustin Cauchy, il se
présenta seul et échoua une première fois. En 1828, il se vit
reconnu, et mis au courant des recherches les plus récentes. Il
assimila alors les notions et méthodes introduites par Gauss et par
Cauchy auquel il adressa dès 1829 ses premières communications sur
la théorie des équations.
Définitivement refusé à l'École polytechnique en
1829 sur une question mineure, qu'il négligea de traiter, la jugeant
sans intérêt, il entra à École préparatoire (École normale
supérieure) et y rédigea un premier mémoire pour le grand prix de
mathématiques de l'Académie des sciences en 1830, mais ses papiers
furent déclarés perdus. Un an plus tard, un second mémoire fut
rejeté comme incompréhensible. A ce moment, son père se suicida à la
suite d'un complot politique du vicaire de Bourg-la-Reine et le
jeune Galois fut expulsé de École préparatoire après la
publication dans La Gazette des écoles d'une lettre publique
où il dénonçait l'attitude du directeur pendant les trois journées
de la Révolution de Juillet. Il rejoignit alors les Amis du peuple
et entra dans l'insurrection.
Arrêté en avril 1831 pour avoir porté dans un
banquet républicain un toast : "A Louis-Philippe" et acquitté une
première fois, il fut arrêté deux mois plus tard, au pont Neuf, en
habit d'artilleur de la garde nationale, à la tête d'un cortège de
manifestants. Emprisonné à Sainte-Pélagie, il y travailla sur les
intégrales des fonctions algébriques et sur une "théorie de
l'ambiguïté" dont rien ne subsiste. Le choléra décimant Paris en
1832, il fut transféré à la maison de santé du sieur Fautrier, où il
retrouva quelque liberté et de décevantes amours qui provoquèrent un
duel forcé. En effet, il tomba amoureux de Stéphanie Dumotel, la
fille d'un médecin attaché à cette maison de santé. Dans la nuit
précédant le duel, Évariste Galois écrivit à auguste Chevalier une
lettre testamentaire, où il lui confie ses papiers relus en hâte :
deux mémoires, une préface, des essais et des brouillons.
Galois, retrouvé sur le bord de l'étang de la
Glacière, le ventre traversé par une balle de plomb, mourut d'une
péritonite le 31 mai 1832. Ses amis républicains, qui le portèrent
le 2 juin depuis l'hôpital Cochin jusqu'à la fosse commune du
cimetière de Montparnasse, tombèrent pour la plupart sur les
barricades de la rue du Cloître-Saint-Méry, trois jours plus
tard.
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La pensée de Galois s'est librement nourrie des
travaux de Lagrange, Gauss, Cauchy, Abel et Jacobi. Dans un mémoire
célèbre paru en 1770, Lagrange fait le point des recherches dans le
domaine des équations algébriques. Il esquisse une théorie de la
transformation des équations et met en évidence l'importance de la
notion de permutation. Il retrouve par là les formules connues de
résolution par radicaux des équations du deuxième au quatrième
degré. Mais l'équation générale du cinquième degré lui résiste comme
à ses prédécesseurs. En 1801, Gauss rédige une étude sur les
équations binômes xn - a = 0 et les racines primitives de
l'unité qui laisse pressentir l'utilisation par Galois de la
théories des groupes.
Sources : Encyclopédie
Universalis
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