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Zenon d'Élée
Historique
Zénon
naquit dans l'Ile d'Elée vers les 495 avant J.-C.. On sait très peu
de choses à son sujet si ce n'est qu'il fut l'élève du philosophe
Parménide, qu'il accompagna à Athènes en -449. Là il rencontra
Socrate et lui fit si bonne impression qu'il fut mentionné dans une
des oeuvres de Platon : Parménide. À son retour en Elée il
devint politicien et fut arrêté pour avoir pris part à un complot
contre le tyran Nearchus. Il fut torturé à mort en tant que
conspirateur. Plusieurs versions de son interrogatoire ont été
rapportées : l'une prétend que lorsqu'il fut sommé de donner les
noms de ses compagnons il donna ceux des proches du tyran. D'autres
soutiennent qu'il se mordit la langue pour la cracher à la figure de
Nearchus. Zénon était avant tout philosophe. Aristote lui
attribua l'invention de la dialectique, une forme de débat dans
lequel l'un des partis soutient une thèse tandis que l'autre essaie
de la rendre absurde. Cette technique repose surtout sur le procédé
de reductio ad absurdum, qui est la réduction d'une idée à
l'absurdité par la mise en évidence d'une contradiction lui étant
inhérente. Zénon n'a écrit qu'un seul livre, L'epicheiremate,
dans lequel il attaque les adversaires de son mentor Parménide. La
renommée de Zénon lui vient de ses paradoxes. Seulement 200 mots
nous sont parvenus de son livre et les informations relatives à son
oeuvre nous viennent de sources secondaires, principalement
d'Aristote. Bien qu'il y en ait eu une quarantaine, seulement 8 ont
pu traverser les siècles. Leur but était de défendre les idées de
son mentor. Parménide était persuadé que la réalité était unique et
immuable. Le mouvement, le changement, le temps et la pluralité
étaient selon lui des illusions. Cette position entraîna évidemment
maintes critiques. Les paradoxes de Zénon avaient pour but de
montrer que la thèse inverse était absurde et
contradictoire.
Travaux
Les quatre
paradoxes les plus réputés sont la dichotomie,
l'Achille, la flèche et le stade : 1. La
dichotomie : le mouvement est impossible car avant que l'objet
en mouvement ne puisse atteindre sa destination, il doit d'abord
atteindre la moitié de son parcours, mais avant d'en atteindre la moitié, il doit d'abord en atteindre le quart, mails il lui faut
d'abord en atteindre le huitième, etc. Ainsi le mouvement ne peut même
jamais commencer.
2. L'Achille : Achille en pleine
course ne pourra jamais rattraper une tortue marchant devant lui car
il devra avant tout atteindre le point de départ de cette dernière.
Or quand il aura atteint ce point, la tortue aura avancé; il lui
faudra alors atteindre sa nouvelle position, et lorsqu'il aura
atteinte la tortue aura de nouveau avancé, etc. La Tortue sera donc
toujours en tète.
3. La flèche : Le temps se décompose en
instants, qui sont indivisibles. Une flèche est soit en mouvement
soit au repos. Une flèche ne peut être en mouvement car pour qu'elle
soit, il faudrait qu'elle soit à une position donnée au début d'un
instant, puis à une autre à la fin du même instant. Ce qui revient à
dire que les instants sont divisibles, ce qui est contradictoire. La
flèche n'est donc jamais en mouvement.
Bien que ces démonstrations semblent
illogiques, elles n'en demeurent pas moins ardues à réfuter. Elles
ont donc posé de sérieux problèmes mathématiques. Pour les
mathématiciens grecs, qui n'avaient aucune notion de convergence ou
d'infinité ces raisonnement étaient incompréhensibles. Aristote les
qualifia de fallacieux, sans pour autant se justifier, et ils furent
ignorés pendant 2500 ans. Cependant, ils furent étudiés durant notre
siècle par les mathématiciens Bertrand Russell et Lewis Caroll.
Aujourd'hui, grâce à des outils tels les suites convergentes et les
théories de Cantor sur les séries infinies, ces paradoxes peuvent être
expliquées de manière satisfaisante. Cependant le débat sur la
validité de ces paradoxes et de leur rationalisation se poursuit
encore de nos jours.
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