David Hilbert domine les années
entourant 1900, à l'instar d'Henri Poincaré. Ces deux mathématiciens
sont sans doute les derniers à maîtriser l'ensemble des mathématiques
de leur temps.
Le nom de Hilbert
reste en particulier attaché aux Vingt-Trois Problèmes qu'il
propose aux mathématiciens, au congrès international de Paris
en 1900. Il expose les problèmes qu'il juge les plus intéressants
et les plus importants, et qui doivent d'après lui susciter les
efforts des mathématiciens de son époque et du XXème siècle
à venir. Certains d'entre eux ont été depuis résolus (ou
bien on a démontré que leur résolution était impossible).
D'autres sont encore ouverts (comme la conjecture de Riemann).
Dans le domaine de
la géométrie, on peut dire de lui qu'il est un nouvel Euclid,
car, dans la forme axiomatico-déductive inaugurée par les Éléments
d'Euclide, il donne une axiomatique de la géométrie,
incomparablement plus complète et rigoureuse que celle de son
lointain prédécesseur, dans ses Fondements de la Géométrie
(Grundlagen der Geometrie), publiés en 1899.
La fin du XIXème siècle
et le début du XXème siècle sont marqués par les difficultés
qu'ont les mathématiciens à établir leur discipline sur des fondations
solides. C'est ce qu'on a appelé la crise des fondements.
Pour tenter de résoudre ce problème, Hilbert publie en deux
tomes ses Fondements de la Mathématique (Grundlagen der
Mathematik) (1934 et 1939). Il met en place une Théorie
de la démonstration, donc l'objectif est de démontrer que
les mathématiques ne peuvent pas aboutir à un paradoxe. Mais
malgré tout l'intérêt de cette théorie, elle ne peut
parvenir au but rêvé par Hilbert ; Kurt Gödel démontre en
1931 que ce projet est chimérique.
Les travaux de
Hilbert portent sur des domaines extrêmement divers des mathématiques.
On peut citer la Théorie des Invariants, la Théorie des
Nombres. . . Il engage les mathématiques dans la voie d'une
abstraction accrue, afin de gagner en efficacité et en
simplicité, et ouvre la voie à l'Algèbre moderne (voir
la notice sur Emmy Noether). Dans le domaine de l'Analyse,
il s'intéresse au calcul des variations, aux équations
intégrales, à propose desquelles il conçoit des espaces
vectoriels à une infinité de dimensions, munis d'une distance
analogue à la distance géométrique classique, à qui l'on a
donné le nom d'espaces de Hilbert. Dans tous ces
domaines, fort variés, il fait faire aux mathématiques des
progrès importants.
Sa fière devise,
gravée sur sa tombe, était : "Wir müssen wissen. Wir
werden wissen" , c'est-à-dire : "Nous devons
savoir. Nous allons savoir. "